Benoît Robitaille est poète, compositeur, guitariste improvisateur et philosophe. Véritable théoricien de l'existence, il aime explorer dans sa poésie les fondements de la nature humaine en questionnant l'instant même qui anime l'acte de création. Cette pulsion plus forte que l'Être --- qui le révèle à lui-même --- est exprimée aussi par son jeu à la guitare faisant de ses prestations des moments uniques d'une fraîcheur libérée. Il a collaboré à quelques occasions avec le prolifique compositeur Richard Désilets. Dans le CD "Clips Poétiques on peut entendre sa voix, sa poésie et sa guitare. 


Benoît Robitaille is a poet, composer, free style guitar player and philosopher. A true theorist of existence. We will find in his poetry the foundations of human nature that animate the act of creation, questioning oneself at the same moment. This urge stronger than human mind revealing to itself is explains by his talent at the guitar, making each moment true and unique.  Recently, he had the opportunity to collaborate with the prolific composer Richard Désilets. In the CD "Clips Poétiques" we can hear his voice, his poetry and his guitar.


Benoît Robitaille

Bonjour Amour



Bonjour Amour de mon chant,

douce nuée de mes résonnances,

je t’aime de mon sommeil,

de mon lit bleu de goût d’orange


L’espace, ici, est clos de ta joie qui danse


Bleu fluide de ta rive

sous les soleils d’enfants


J’accouche, de ta souplesse acide,

longuement, m’étire de ton rire hypnose,

celui

vu, aux contrées lâches de mon plaisir


Tes lèvres d’air lèchent mon serpent bonbon


Les bouffons t’accompagnent sous tes costumes rocailleux

(petits requins des anges

aux nombreux visages des songes)


Mon amour, mon âme de velours filant toutes les étoiles,

tressant tous les vols


Mésanges de mes cheveux

où les yeux clos de mes membres

recroquevillent l’essence


Urine de mes fontaines libres d’amour en pluie dans les racines


Bonjour, Amour de tous mes souffles sommeillant


Je te garde

dans le creux de mes reflets ivres de ton absence

Petit voile de vérité



Un

petit,

petit voile de vérité,

dommage d’espoir quand le train s’éloigne,

et il vient de fondre sur son blé,

comme l’écorce grise qui t’observe

dans l’heure de ta vie


Un plus grand,

plus grand mensonge de vérité,

levier d’où tu t’échappes

quand ton temps s’achève,

comme si tu redoutais l’enflure de ta joie

au temps sombre d’anciennes fenêtres


C’est ailleurs

que tu cherches encore,

souvenir déserté de toutes tes idées de fou,

ce désert de montagnes sauvages


Cette belle,

belle image de ce carrefour de tes pluies vertes

les plus mûres de tes soleils acides


Un

petit,

petit voile

de vérité

Ange cratère



Cratère, mens

Cratère,

M’en va

yyyyyyyyyyyyyyy

voir «trac»

Trac,

l’empalement

triche


Ange

qui parle «dense»,

étouffe

«langue

ivre»


Étang d’âmes

de quais alertes


Au gré

«double vent»

des pieds mûrs


Triche

aux aguets,

lampe carnage diurne


Peste astrale

de l’onde


Tripes

dans les trappes crasses

des lanternes

fissures


Cratère, mens

Cratère

M’en va

yyyyyyyyyyyyyyy

voir trac

Trac,

l’empalement

triche

Temps nouveau



Tu prends

de ce temps

nouveau

l’ombre

illuminée, 

le voile,

l’âme qui dort;

et de ce vol,

comme la rosée portée par le vent,

jaillis

des vibrations continues,

traçant des routes

dans toutes les directions,

en ton carrefour


Cet esprit qui tourne de ta joie,

reprends le souffle,

d’une musique non écrite,

lente,

de sons ronds,

pleine d’envies et de désirs

d’être «oreilles vierges»


Tu débouches alors, sur d’autres voies,

sans nom,

neuves

Où l’absence règne,

mais, sans trop souffrir de son vide,

étant la pleine mesure de son espace


De là, tu t’effaces, dans ta nouveauté

Tu redeviens «transparence», inaperçu

— fluide d’énergie d’une efficacité d’illusionniste

plus réel que la peau des êtres


À cet instant, ton ombre n’est plus

que ta voix

tranchant l’air,

de ponctuations féroces,

crachant

d’abominables multitudes de désordres


Mais, de cet état Animalesque naît l’ordre du coeur;

le plus vrai

que les images dans les yeux

quand ta tête tourne dans le monde

Pauvre clown



Bienvenue

dans ton enfer,

pauvre clown


Dans ton enfer d’esquimau

où tu danses

seul

toujours


Dans tes nuits

où tu ne cherches que toi


Dans tes mouvements qui cependant s’aiguisent

et se raffinent


Bienvenue à tes rendez-vous de solitaire

où tu meurs


Dans ta vie

dense de passion


Sous ton peuplier doré

qui penche de ton amour

étouffé


Bienvenue dans ta tête chercheuse

qui fonce sans retenue,

qui anime tes journées d’idées

— les tiennes

(que pour toi,

de toi),

nées de ta force,

de ton vouloir


Quel vouloir?

Peut-être,

le rayonnement de tous tes désirs


Désir de vivre en toi

(d’être)

Désir de réalisations d’oeuvres

(d’énergie)


Peut-être,

«expansion de tes forces vives»

comme un agrandissement de l’âme


Bienvenue à la source de ton individualité,

celle qui crève les yeux,

qui fait mal,

qui ne s’use jamais:

une peau de cuir

de cervelle

révoltée

L’auto noire



L’auto noire

sous le soleil rouge,

je crois


Les plafonds bas

dans les branches feuillues


C’est l’été

en juin


Berçant doucement le corps

suspendu par des chaînes


Un chant d’oiseau éclatant

dans la pelouse verte et touffue


Des petits grincements d’oisillons


C’est vivant sous les arbres


Avec le vent tiède


Fin d’après-midi comme beaucoup d’autres


Comme toujours


Authentifiée par ma vue


Vision consciente


Les fleurs jouent

comme des enfants de riches


Ça fait beau sur les tombes


La vie des cimetières

est la plus intense


Beaucoup d’arbres

et d’oiseaux

sur les caveaux

L’auréole



L’auréole

biache plisture


daqual et vibratte

l’encre


croûte sèche

d’elle


et de trente fouets

mutables


trite larte

de l’âne

et de la canne


elle bisse

tète

lèche

l’âme

tête de buffle


et draquale

l’ange

plissure

Lance qui vibre dans l’acte



Lance qui vibre

dans l’acte,

éloignant les peurs

qui crispent

dans le meuble

de tes hontes


Le tournevis

de ta diarrhée

se démonte

sous cette planche

esclave


Adieu !

sommeil de l’équité

Épouvante de la rose

de ton rouge gosier


J’assiste,

là,

aux coeurs lourds,

à cette nuit

des bleus,

sombres

péchés

Tournant des gestes



Tournant des gestes


Elle demande le service

avec toute l’autorité indiquée

aux portes que tu vois


Elle te prie d’étudier la chance,

la fuyante maîtresse des rondes poussières,

le tremblement d’une absente danse

comme le parapluie des hivers dans la lune

sous les soleils tombants du nid bleu


Elle t’aime

de la redire souvent

On peut l’entendre du ciel de neige

Sa voix s’essouffle dans le poumon de tes yeux


Elle t’aime,

de ses doigts gelés

aux manches des chapeaux des parapluies

des ouragans de neiges folles


Folie de l’ange des désirs

Dieu jouissif d’une demande qui attend

du supplice morbide de ta devinette


Tu la perds dans cette absence


Échos,

reflet,

tombe du cahier de tes hivers


C’est l’hôtel des arrêts somnambules:

les pluvieux chemins acides des membres tremblants

Ils vibrent

dans la résonnante chanson fausse,

la plus neuve,

de ces accidents de mort essentielle

Clips Poétiques


Textes poétiques de

Benoît Robitaille 

Carrefour sensuel



Chevelure noire tournoyante dans une essence très sensuelle

Prisme allongé dans ce foulard vert goûtant l’olive de ses jambes

Banc de lèvres et triangles rouges dans ce cou

Au bas de tout son crâne vertical


Elle mange ses mots dans sa sourde cale

Elle s’appartient de son fluide de syntaxe ivressomètre

Qu’elle me passe comme son appétit par sa langue thermomètre


L’autre canalisation d’insectes

Tête renversée

De loin, on peut sentir son glaive de pensées de fantasme rouges


L’autre qui gèle

Seul ah seul dans son ennui ou l’envie d’être autre

Peut-être moi


Ça goûte la chèvre de velours rôtie dans une tabagie de luxe


Fétiche

Amour fétiche

Fétiche

Doucement fétiche


Ce carrefour d’une pensée cherchant à se fissurer

À se tordre

À s’inventer des arbres, des maisons, des jupons célestes

Riant, giguant

De plaisirs aromatisés de gaz romantiques


Combustion d’assomption


Cette cave

Cette cabane de bois rond

Élude, sculpte

Rends visible ton escabeau d’où s’élève ce rire cocasse


Douce peau

Fiel dense

Sueur de rose

Ton antre de fureurs épousées doux en cet instant fauve

Viens!


Entre ici en ces ronces soulevées

Magnétise cette chaleur ailée

Prends l’onde

Courant de ma dérive

Ellipse spirale rebelle

Ludique complice

Agite cette étude

Éduque mon parcours de tes salves héroïques


Le temps des seins aux pieds rouges

Rondelettes des rouquines voisines des sols verts

Qui habitent tous les sables doux de ta peau

Douce peau, douce peau


Elle t’aime de cette passion étourdie

Dans la tête des découvertes en ce moment propices à éclore

Propices à éclore


Leurs jambes au-dessus de leur lien dénoué

Gambadent leur jus désireux

Jus désireux


Une sueur salée toujours bonne à goûter, goûter

Le mouvement est ondulant d’une sensuelle mesure

Constamment en cercle vicieux

Hypnotique de ton regard

Essence plurielle fraîche de tous ces nombrils

Petits comme des lèvres enfouies aux lunes des sexes


Elles ont ces têtes blondes des fées imaginées dans la mort

Où les désirs persistent sans les os dans la peau


Le désir a-t-il une âme?


Un comptoir plat devant les yeux aux lèvres charnues

Laisse refléter une fleur mystérieuse d’un autre espace

Ses beaux traits donnent écho à un ange insolite

Et il devient visionnaire

D’une folie décapée

http://www.lassonde.biz/lassonde/Mus-MP3/Jazz-interpretation-trio-Silene-MP3/_In%20progress-Silene/_JAM-MP3/?M=A